Labo

Calade en Ardèche (07)

Du 27 février au 1er mars 2017, belles et fraîches journées de printemps, les amandiers à peine en fleurs, nous nous sommes initiés à la technique de la calade avec l’association ELIPS (Ecole Locale et Itinérante de la Pierre Sèche). Sur une colline ardéchoise, nous avons participé à la réalisation d’une terrasse avec motif quadrilobe.

La calade ou la joaillerie du paysage

Réaliser une calade est un travail de patience. Quand le montage de murs en pierre sèche produit du volume, des mètre cube, plus rapidement qu’on ne l’imagine finalement, la calade est un travail d’orfèvre. Elle nécessite la reprise de chaque pierre, la taille de facettes, pour former un clou, pour obtenir une face plane qui sera foulée, perçue, jaugée par le pied. Des cailloux, encore des cailloux !

Les gestes du caladeur :

Le caladeur façonne puis positionne les pierres de grandes dimensions qui constitueront le harpage, ou le cadre, les rives de l’ouvrage. On alterne. Une grande – une moyenne – une grande. Le harpage dessine la terrasse et permet de caler ses niveaux et pentes. Ce cadre sera ensuite rempli de manière aléatoire avec les plus petites pierres ou « clous ».

Disposer la pierre deux ou trois doigts au-dessus du niveau fini, sur un mortier sec de sable et chaux. Puis la clouer, l’enfoncer au maillet. La main vérifie l’alignement avec les pierres voisines, la règle valide l’homogénéité de la surface. Si ça fait TOC (la règle cogne avant tout sur la pierre) elle n’est pas assez enfoncée. « TAC » c’est bon.

Une fois les pierres plantées dans le sol, le pied arpente la terrasse et détecte les aspérités. Plus la surface est lisse, moins l’aménagement est rustique.

Après avoir expérimenté pendant trois jours la pierre clouée, le paysagiste-concepteur admire l’effet de surface… mais réservera cette technique à des zones précieuses du projet. La surface réalisée paraît petite en regard du nombre de seaux de pierre taillées, et du volume de cailloux enterrés !

Merci Yvan et Marco, Merci Louisa !

C’est officiel… Nous poursuivrons notre aventure calades en 2018 en réalisant des relevés et des dessins d’ouvrages pour les Parcs naturels régionaux des Monts d’Ardèche, des Cévennes, des Grandes Causses, et des Causses du Quercy avec l’association ELIPS.

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